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Parcours de maintien dans l'emploi

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Maladies chroniques évolutives

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Impact dans le travail

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De quoi parle-t-on ?

Aujourd’hui beaucoup de personnes atteintes de maladies chroniques évolutives travaillent. Pourtant, l’impact de ces maladies dans le travail est méconnu. La chronicité et l’évolutivité de la maladie peuvent engendrer des effets invisibles aux yeux des collègues et de la hiérarchie. Cependant ils peuvent avoir un impact important dans l’organisation du travail et dans les relations du collectif.

 

Si des personnes atteintes de maladies chroniques évolutives peuvent travailler sans que les effets de leurs pathologies leur posent des difficultés, d’autres doivent gérer des effets plus lourds au quotidien, parfois mettre un terme à leur activité dans l’entreprise. Chaque personne est un cas particulier. Selon le type d’activité, la maladie, et le « ressenti » de la personne, l’approche du maintien dans l’emploi doit s’effectuer différemment 

 

 

Collectif de travail

Le travail est toujours collectif. Toute activité de travail, aussi isolée qu’elle paraisse s’inscrit dans un collectif de travail. L’association du collectif de travail est nécessaire et indispensable pour une construction efficace du maintien dans l’emploi.

Les maladies chroniques évolutives peuvent engendrer des retentissements importants dans le collectif de travail. On parle « d’effets non visibles des pathologies », car souvent, les collectifs de travail méconnaissent ou ne voient pas les répercussions de la maladie et de ses traitements dans le travail. Il se peut même que ces effets engendrés perturbent l’organisation du travail sans que le collectif en comprenne les causes. Le lien entre ces effets et le travail entraîne des modifications de planification, des répartitions de charge peuvent être reportées sur d’autres personnes. Elles sont gérées au mieux, dans l’urgence par le collectif et les supérieurs hiérarchiques directs. La répartition du travail peut être inégale au cours de l’activité (entraide, surcharge d’activité pour les collègues,...), provoquant à terme l’isolement de la personne. Ces éléments sont renforcés dans un contexte d’intensification du travail.

 

 

Définitions

Collectif de travail : l’action de chacun dans l’entreprise participe toujours d’une finalité comme la production. Toutefois certaines tâches peuvent être, à tort, considérées comme indépendantes. Il existe des liens souvent méconnus des organisations entre des travailleurs, qui constituent le collectif de travail. La dimension collective du travail est toujours présente et remet en cause la notion de « poste individuel ».

 

Situations d’action collective : ce sont celles où plusieurs personnes doivent agir de concert pour la réalisation d’un même objectif. Dans de telles situations, les travailleurs soulignent l’importance de connaitre la manière dont chacun travaille pour l’efficacité comme pour la sécurité.

 

 

Personne salariée

Etre un salarié comme les autres. Dire ou ne pas dire ? La maladie est une notion purement individuelle, les personnes malades se définissent rarement comme handicapées. La maladie a cependant des répercussions dans tous les domaines. Les retentissements existent aussi dans le travail, même s’ils sont souvent passés sous silence. De plus, ils ne sont pas systématiques; ils diffèrent selon chaque personne et le type de travail...Le retour au travail est souvent considéré comme une guérison. Les perceptions de la maladie sont très variables. Par exemple, la personne peut se sentir heurtée par la représentation que lui renvoient ses collègues. Ces décalages engendrent souvent des incompréhensions et un malaise entre la personne et les collègues.

 

Le fait d’annoncer ou pas sa maladie devient une question essentielle. Le fait d’en parler, peut provoquer pour la personne, la crainte du jugement des collègues et de l’employeur. Le fait de ne rien dire, peut la conduire à l’isolement et l’incompréhension de son environnement. Devant ce choix important, des interlocuteurs pertinents, comme les médecins, les associations de patients et les assistantes sociales sont présents pour aider les personnes à prendre les décisions les plus appropriées.

Encore aujourd’hui, beaucoup de personnes, et en particulier celles atteintes par le VIH, cachent leur maladie dans l’entreprise, au médecin du travail, et même parfois aux soignants, ainsi qu’à leur famille.

 

Dans nos sociétés marquées par la différence des rôles assignés aux hommes et aux femmes, la présence du handicap amplifie les difficultés des femmes, quand il ne sert pas d’alibi pour justifier la persistance des discriminations. Ainsi, comme le montre une étude de 2003 émanant du service des droits des femmes et de l’égalité, la femme malade «peut ou doit être entretenue par les autres», même si elle a des aptitudes à étudier ou à travailler. A l’inverse, malgré les difficultés extrêmes qu’elle peut avoir à surmonter les difficultés quotidiennes, une femme malade doit continuer, malgré la maladie à assumer les responsabilités familiales et domestiques.

 

 

Absentéisme

L’absentéisme se traduit par des coûts importants pour l’entreprise : remplacement au pied levé des salariés, retard dans les livraisons, service de qualité médiocre, etc. une part de sa performance dépend de la capacité de l’entreprise à maintenir des salariés au travail.

 

Pour les collectifs de travail, les absences des uns ne sont toujours sans conséquence sur les autres : report de charge de travail, difficulté à prendre des congés, etc. un absentéisme trop élevé peut contribuer à miner la cohésion des équipes de travail. Pour le salarié, l’absence peut être consécutive à une rupture totale à l’état de santé (un accident du travail, par exemple) ou témoigner d’une dégradation lente et progressive (une maladie professionnelle).

 

Des absences récurrentes traduisent aussi, chez certains, un désengagement au travail plus ou moins prononcé. L’absentéisme comporte de nombreuses conséquences économiques et sociales, tant pour l’entreprise que pour les salariés.

 

 

Femmes et absentéisme

Lorsqu’on étudie l’absentéisme, l’analyse doit considérer la question de la conciliation du travail et des tâches hors travail. Malgré les évolutions de ces dernières décennies concernant les représentations, les femmes ont toujours majoritairement en charge les enfants et réalisent les tâchent domestiques.

 

 

Performance et organisation du travail

« Le résultat pas significatif du coût »

Derrière les prescriptions de l’organisation du travail prévue, les objectifs de production sont souvent atteints grâce à un compromis du mode opératoire attendu. Pour atteindre leurs objectifs de travail, les personnes atteintes de maladies chroniques évolutives mettent en place des régulations, qui, à terme, peuvent affecter leur santé, leur vie privée et l’organisation du travail de l’entreprise. Ces régulations sont variables en fonction de chaque personne et de leur situation de travail.

 

La performance atteinte dans l’entreprise, par les personnes ayant une pathologie chronique et évolutive, n’est pas significative du coût engendré pour y parvenir. Les personnes mettent en place des stratégies et des régulations individuelles au sein et à l’extérieur des entreprises, afin de répondre et d’atteindre les objectifs de l’entreprise. Si les objectifs et les moyens ne sont pas en adéquation, le salarié atteint la performance demandée au détriment de son état interne. Il peut au contraire se protéger (état interne) mais la performance n’est pas atteinte.

 

 

 

Ressources documentaires

L'absentéisme, outils et méthodes pour agir. ANACT, 2009 L'absentéisme, outils et méthodes pour agir. ANACT, 2009
L'absentéisme. Travail et Changement n°300 L'absentéisme. Travail et Changement n°300